La traduction de la littérature québécoise en Italie – Étude de cas effectuée dans le cadre de l'Observatoire de la traduction littéraire

Résumé de la conférence prononcée par Louis Jolicoeur (professeur – Université Laval) le 11 février 2009.

En traduction littéraire, les textes à traduire sont choisis, au-delà de leurs qualités littéraires, en fonction des orientations idéologiques, du poids des cultures les unes par rapport aux autres, des décisions d’ordre éditorial et politique, et enfin des stéréotypes entretenus entre les cultures; stéréotypes qui n’existent pas dans l’abstrait mais tirent en général leurs racines des réalités historiques, pour être ensuite alimentés souvent par les intérêts divergents d’un groupe par rapport à un autre.

Dans ce contexte, le traducteur d’un roman ne fait pas simplement un métier de passeur entre une culture et une autre. Il est le véhicule d’une intention plus ou moins articulée, voire plus ou moins consciente, et s’inscrit clairement dans un rapport de force, de faiblesse, de lutte éventuelle entre un groupe culturel et un autre. C’est donc une dimension nullement négligeable que celle de la traduction dans la grande question de la diversité culturelle et des valeurs universelles.

La situation de la traduction de la littérature québécoise en Italie est à cet égard particulièrement intéressante. Il y a lieu de s'interroger notamment sur l'image du Québec véhiculée dans ce pays : est-ce une image folklorique ou moderne, universelle ou particulière, ouverte ou refermée sur elle-même? Si le Québec se conçoit aujourd’hui en règle générale comme un État moderne, francophone et pluriethnique, et dont la culture s’inscrit d’emblée au sein des cultures universelles, est-ce là bel et bien l’image que reflètent les traductions des œuvres québécoises dans un pays européen comme l’Italie? Pays qui a par ailleurs d’étroits liens historiques avec le Québec en matière d’immigration.

Afin d'en savoir davantage sur cette problématique, qui s'inscrit dans le cadre des travaux de l'Observatoire de la traduction littéraire de l'Université Laval, il faut se poser les questions suivantes : Qui, parmi les auteurs québécois, traduit-on? Qui les traduit (traducteurs, éditeurs)? Pour qui les traduit-on? Comment les traduit-on? Dans quel but les traduit-on?