« Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé »... en Amérique du Nord : La diffusion de la poésie québécoise dans le monde hispanophone

Résumé de la conférence prononcée par Madeleine Stratford (doctorante – Université Laval) le 17 mars 2008.

La poésie est un genre de 1re importance au Québec. Les écrivains québécois s’en sont souvent servis pour définir leur identité, tant individuelle que collective. Or, depuis l’an 2000, la poésie québécoise semble être de plus en plus présente dans les pays de langue espagnole, surtout depuis la participation du Québec à la Foire internationale du livre (FIL) de Guadalajara en 2003, à titre d’invité d’honneur. La présente recherche s’inscrit dans le cadre des travaux de l’Observatoire de la traduction littéraire de l’Université Laval. Elle vise à explorer les modes de diffusion de la poésie québécoise au moyen de la traduction, dans le but de mieux comprendre comment la culture québécoise est perçue et représentée dans le monde hispanophone. Dans cette présentation, nous allons répertorier les différentes traductions espagnoles publiées sous forme de recueils ou d’anthologies entre 1980 et 2005, dans le but de dresser un bilan de la diffusion de la poésie québécoise en espagnol.

Nous répondrons avant tout aux questions suivantes :

  • Quels poètes traduit-on?
  • Où les publie-t-on?
  • Quels sont les modes de diffusion des livres traduits?

D’abord, nous verrons que la majorité des poètes traduits sont publiés aux Écrits des Forges, ce qui semble être le fruit d’un « virage international » opéré par la maison d’édition de Trois-Rivières au cours des années 1990. Ensuite, nous constaterons que la presque totalité des traductions espagnoles ont été publiées au Mexique.

On pourrait penser que cette constante est une suite de la FIL de Guadalajara. Néanmoins, les 1res traductions mexicaines datent du début des années 1980, ce qui suggère que les liens unissant les 2 cultures sont antérieurs. Enfin, bien que la liste de traductions publiées soit relativement longue (une cinquantaine de recueils individuels et une dizaine d’anthologies), nous remarquerons que la majorité de ces livres sont toutefois difficiles d’accès, et jouissent donc d’une diffusion plutôt limitée.