Rencontre entre la traductologie et les études romanis

Résumé de la conférence prononcée par Deborah Folaron (professeure – Université Concordia) le 14 janvier 2008.

Où en sommes-nous actuellement en études romanis? Au-delà des changements déclenchés par la mondialisation et les technologies, les évènements historiques récents, tels que le démembrement de l'Union soviétique et l'élargissement de l'Union européenne, ont fait en sorte que les communautés romanis (« tziganes ») sont impliquées dans des débats vifs sur leurs multiples langues et cultures, voire leur propre identité.

Historiquement, les communautés romanis partout dans le monde ont communiqué entre elles, d'une part au moyen d'un vocabulaire « noyau » partagé, d'autre part par leurs dialectes qui font interface avec d'autres langues et d'autres expressions culturelles, qui reflètent en fait leurs divers pays de résidence. La création d'une tradition de traduction moderne se développe en même temps que l'alphabétisation et la création, la codification, la standardisation et la consolidation d'une langue « normalisée » romani.

De plus, les technologies et l'Internet augmentent le contact entre plusieurs communautés romanis, surtout en ligne. Des questions très intéressantes se posent alors pour la traductologie. Les empreintes des interfaces interlingues, bilingues, multilingues, multiculturelles, survivront-elles? De quelle manière interviendra la traduction dans la création d'un corpus et la canonisation des œuvres littéraires et artistiques? Comment la théorisation de la traduction devrait-elle articuler le texte source, façonné en si grande partie par le corps migrant et toujours en cours de traduction? L'acte de lire pour les communautés romanis représente-t-il toujours le fait de lire et de se lire en traduction? Comment se manifestent concrètement ces questions sur la scène théâtrale?